• Albrecht Dürer Melancolia

    Albrecht Dürer tient une place de premier plan dans mon musée idéal. Il est sans doute l'un des créateurs les plus doués de toute l'histoire de l'art, et son œuvre est d'une exceptionnelle dextérité et dans le même temps d'une grande force.

    Il a particulièrement excellé dans le domaine de la gravure et celle-ci est sans doute sa plus connue. Une précision sans équivalent, Dürer fait flamboyer le gothique allemand au moyen de scalpels. Il est  intemporel car il traite des sujets qui intéressent l'homme de toute éternité et comme ici avec la mélancolie – humeur de la bile noire – il aborde l'ensemble du sujet, toute la symbolique, mais aussi l'attitude, et que dire du chien... Cette image est toujours emblématique, encore aujourd'hui on n'a pas vraiment trouvé mieux pour représenter ce fléau.

     L’illustration est prise dans Wikipedia, ICI, où l'on peut trouver aussi des pistes sur les interprétations de tous les symboles présents dans cette gravure, mais ce n'est pas mon sujet.

    « Melencolia I ou La Melencolia est le nom donné à une gravure sur cuivre d'Albrecht Dürer datée de 1514. Le titre est pris de l'œuvre où il apparaît comme un élément de la composition. Melencolia I est souvent considéré comme faisant partie d'une série, Meisterstiche, comprenant également Le chevalier, la mort et le diable (1513) et Saint Jérôme dans sa cellule (1514). Cette œuvre d'une richesse symbolique exceptionnelle a été l'objet d'un nombre considérable d'études ».

     

     

     


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  • L'artiste signe un autoportrait littéraire en collaboration avec la journaliste Judith Perrignon et que l'on aime ou non l’œuvre de Gérard Garouste, son autobiographie se lit quasiment d'une seule traite, car elle est tout simplement passionnante et formidablement bien écrite.

    Gérard Garouste - l'Intranquille

    Personnellement je ne connaissais de Gérard Garouste, l'homme, que son engagement dans l'association LA SOURCE - voir le site ICI, et je connais peu son œuvre, très complexe et qui me dérange beaucoup. Après avoir lu son autobiographie, je pense comprendre pourquoi et surtout je la découvre autrement.

    Mais si j'ai décidé de publier un article sur ce livre, c'est qu'il donne aussi des clés pour appréhender l'art du XXe siècle, pas toujours facile pour les néophytes. Gérard Garouste est en effet un autodidacte, même s'il a suivi les cours de l’école des Beaux Arts :

    "Moi je sortais du néant. Ma famille rongeait les os d'obscurs tabous. L'école ne m'avait ouvert aucun chemin. Rien ne m'avait été transmis."

    « Nous sommes les héritiers de Rembrandt, Vélasquez, Cézanne, Matisse. Un peintre a toujours un père et une mère, il ne sort pas du néant », disait Picasso.

    Quant à Picasso, qui bientôt allait mourir(*), il avait dévoré l'héritage, il était de ces génies qui tuent le père et le fils. Il avait peint jusqu'au bout et magistralement cassé le jouet. Il avait cannibalisé, brisé la peinture, ses modèles, ses paysages, et construit une œuvre unique. Si je regarde La femme qui pleure, je sais que la tristesse n'est pas le sujet mais l'alibi. Le sujet, c'est l'artiste lui-même...

    Que faire après lui ? Et après Marcel Duchamp qui venait de mourir ? On était en 1968, et nul n'a voulu voir, alors, que la révolution de l'art était terminée, Duchamp en était le point final. »

    J'ai un peu bouleversé l'ordre du texte, en inversant la première et la seconde phrase.

    (*) on se situe dans les années 70. Quinze ans plus tard :

     "L'artiste le mieux vendu aujourd'hui s'appelle Jeff Koon, il a commencé trader à Wall Street, il a su digérer Duchamp et l'objet comme œuvre d'art, Warhol et l'immersion de l'art dans la société de consommation, son atelier a tout d'une entreprise et il n'a aucun complexe à dire qu'il s'intéresse plus au prix de ses œuvres qu'à ses œuvres elles-mêmes. Il est le gagnant d'une époque faible, soûlée de télévision, d'argent de de performances où le métier d'artiste est très prisé. "

    Mais bien sûr l'intérêt majeur de ce livre est de découvrir l'homme, qui accepte de parler de ces crises de délire, de ses tourments, et de sa passion pour la peinture et le dessin qui lui est venue très tôt, alors que rien dans son éducation ne l'y prédisposait. La peinture n'est pas une béquille ni un remède et si l’œuvre de Gérard Garouste est l'une des plus personnelle parmi les artistes contemporains, cet ouvrage permet de comprendre qu'elle est avant tout maitrisée et dominée, construite.

     

    Gérard Garouste et Judith Perrignon
     L'intranquille – Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou.

     


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  • L'artiste n'est pas un miroir
    il ment
    il truque
    il illusionne
    il réinvente
    la vérité
     

     

    Ici une double illusion : Arcimboldo recréait une image faussement réaliste et il s'agit d'une reproduction en sculpture du tableau 'le Feu" -

    Réalisation de M.J. Dumon pour une vitrine: la photographie a été prise in situ, d'où sa qualité médiocre.


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  • Le 25 juin 1912 Pablo Picasso loue la villa des Clochettes à Sorgues. En août il est rejoint par Georges Braque qui vient passer ses vacances à la villa Bel Air. Braque est mobilisé en 1914, blessé il revient à Sorgues où il reste jusqu'en 1917. Picasso s’installera à Avignon, boulevard Raspail (à vérifier), mais en 1913 il retourne à Céret.

    Picasso aurait installé son atelier près de l'université, alors c'était encore l'Hôpital, dans l'ancienne chapelle des religieuses, qui est aujourd'hui un café :

     

    Lorsque Picasso travaillait à Sorgues et à Avignon

     De l'intérieur

    Picasso et Braque fréquentaient un marchand de couleurs, mais aussi de papiers peints, place des Corps Saints à Avignon (à vérifier encore) . C'est là (?) que Braque repère un rouleau de papier peint imitant le chêne et que serait née l'idée des papiers collés. On sait que c'est à Sorgues que Braque crée son premier papier collé :"Compotier et Verre", technique que Picasso adoptera cette même année.

     

    Lorsque Picasso travaillait à Sorgues et à Avignon

    Violon et feuille de musique, automne 1912. Musée Picasso Paris

    En pleine période cubiste cette technique introduit le réel dans le tableau, mémoire d'objets souvent dérisoires, mais pour Braque il s'agit surtout du refus de l'abstraction.

    En 2012 la ville de Sorgues proposait une exposition consacrée à cette technique inventée en 1912,

     

    Lorsque Picasso travaillait à Sorgues et à Avignon

    Picasso - le violon 1913

    NB : je ne certifie aucune des informations contenues dans cet article, si ce n'est celles qui concernent les papiers collés. Tout ce qui concerne le passage de Picasso à Avignon semble marqué top-secret, car on en trouve difficilement la trace. Pour ce qui est des œuvres de Braque, il semble que la reproduction n'en soit par autorisée. Le marchand de couleurs a fermé ses portes il y a quelques années mais jusqu'au bout il proposait toujours à la fois du matériel de Beaux Arts et tout ce qu'il faut pour décorer son intérieur. Picasso aurait contesté  à Braque l'initiative des papiers collés, personne ne saura ce qu'il en a été, et nous pouvons continuer à penser que c'est à Avignon que l'idée en est venue.

     Voir l'article sur les papiers collés sur le site http://www.megapsy.net qui propose notamment une reproduction de "Compotier et Verre" de Georges Braque.

     

     


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  • La question peut sembler étrange, voire incongrue, c'est pourtant celle que pose un film non moins étrange "Le Silence avant Bach", film germano espagnol de Pere Portabella sorti en 2008.

    Le silence ou Bach ?

    Ce film n'est pas l'histoire de la vie de Bach, pas plus que celle de sa musique. Il s'agit d'allers-retours dans le temps et l'espace, entre l'époque où Bach s'installe comme Cantor à saint Thomas de Leipzig , celle où les romantiques redécouvrent sa musique et nos jours ; de l'Espagne à l'Allemagne, par l'intermédiaire de personnages qui voyagent et font voyager la musique- chauffeurs routiers, interprètes, allers-retours aussi entre tradition et évolution.

    A la frontière du documentaire et de la fiction Pere Portabella propose, à travers une série de tableaux plus ou moins provocateurs, clins d’œil en direction des aficionados de l'art conceptuel et des mélomanes, une réflexion sur l'importance de la musique dans notre paysage et notre vie. Jusqu'à des questions aussi graves que ce fameux « silence » avant Bach, ou plutôt n'y avait-il que du « bruit » avant lui ? La musique peut-elle guérir de tout, même de l'horreur – conversation à propos de l'utilisation des concerts dans les camps d'extermination, et peut elle alors faire souffrir ? La musique est-elle vraiment partout, prête à être cueillie comme il le sous-entend, pour peu que l'on veuille bien faire un effort ? La musique existe-t-elle si elle est privée d'interprètes ?

     

    Le silence ou Bach ?

     

    Lorsque François-René Duchâble quitte le devant de la scène en 2003 et abandonne sa carrière de concertiste il jette par deux fois un piano - ou plutôt une carcasse de piano, symbolique - dans les eaux des lacs d'Annecy et de La Colmiane. Cette image choc figure dans le film, comme l'un de ses questionnements.  Baptême purificateur, rupture avec un système élitiste... Le geste est fort. 

    Autre image forte, en exergue au film, celle du célèbre violoniste Joshua Bell jouant incognito sur son stradivarius pendant 40 minutes, six œuvres dont une partita de Bach, dans le métro de Washington en janvier 2007, à une heure de pointe. Sept personnes se sont arrêtées et il a gagné près de soixante dollars – une place à l'un de ses concerts en coûtait alors 100. 

    On le voit ce film pose de vraies questions auxquelles la réalité répond par le questionnement des artistes contemporains. Et s'il est vrai que la musique de Bach a failli disparaître si Mendelssohn ne l'avait redécouverte par hasard - la scène du marché dans le film - une question reste en suspens, car peut-on vraiment y répondre, c'est bien celle du silence face à la barbarie : quelle peut-être la place de l'art et de l'artiste dans une société qui a abjuré son humanité ?

     

    Le Silence avant Bach
    Un film de Pere Portabella avec Alex Brendemühl, Feodor Atkine, Christian Brembeck, Daniel Ligorio
    19 novembre 2008 (1h42min)
    Article repris depuis "Encrer le Monde"  - écrit à l'origine après avoir vu le film à sa sortie

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