• Le 25 juin 1912 Pablo Picasso loue la villa des Clochettes à Sorgues. En août il est rejoint par Georges Braque qui vient passer ses vacances à la villa Bel Air. Braque est mobilisé en 1914, blessé il revient à Sorgues où il reste jusqu'en 1917. Picasso s’installera à Avignon, boulevard Raspail (à vérifier), mais en 1913 il retourne à Céret.

    Picasso aurait installé son atelier près de l'université, alors c'était encore l'Hôpital, dans l'ancienne chapelle des religieuses, qui est aujourd'hui un café :

     

    Lorsque Picasso travaillait à Sorgues et à Avignon

     De l'intérieur

    Picasso et Braque fréquentaient un marchand de couleurs, mais aussi de papiers peints, place des Corps Saints à Avignon (à vérifier encore) . C'est là (?) que Braque repère un rouleau de papier peint imitant le chêne et que serait née l'idée des papiers collés. On sait que c'est à Sorgues que Braque crée son premier papier collé :"Compotier et Verre", technique que Picasso adoptera cette même année.

     

    Lorsque Picasso travaillait à Sorgues et à Avignon

    Violon et feuille de musique, automne 1912. Musée Picasso Paris

    En pleine période cubiste cette technique introduit le réel dans le tableau, mémoire d'objets souvent dérisoires, mais pour Braque il s'agit surtout du refus de l'abstraction.

    En 2012 la ville de Sorgues proposait une exposition consacrée à cette technique inventée en 1912,

     

    Lorsque Picasso travaillait à Sorgues et à Avignon

    Picasso - le violon 1913

    NB : je ne certifie aucune des informations contenues dans cet article, si ce n'est celles qui concernent les papiers collés. Tout ce qui concerne le passage de Picasso à Avignon semble marqué top-secret, car on en trouve difficilement la trace. Pour ce qui est des œuvres de Braque, il semble que la reproduction n'en soit par autorisée. Le marchand de couleurs a fermé ses portes il y a quelques années mais jusqu'au bout il proposait toujours à la fois du matériel de Beaux Arts et tout ce qu'il faut pour décorer son intérieur. Picasso aurait contesté  à Braque l'initiative des papiers collés, personne ne saura ce qu'il en a été, et nous pouvons continuer à penser que c'est à Avignon que l'idée en est venue.

     Voir l'article sur les papiers collés sur le site http://www.megapsy.net qui propose notamment une reproduction de "Compotier et Verre" de Georges Braque.

     

     


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  • La question peut sembler étrange, voire incongrue, c'est pourtant celle que pose un film non moins étrange "Le Silence avant Bach", film germano espagnol de Pere Portabella sorti en 2008.

    Le silence ou Bach ?

    Ce film n'est pas l'histoire de la vie de Bach, pas plus que celle de sa musique. Il s'agit d'allers-retours dans le temps et l'espace, entre l'époque où Bach s'installe comme Cantor à saint Thomas de Leipzig , celle où les romantiques redécouvrent sa musique et nos jours ; de l'Espagne à l'Allemagne, par l'intermédiaire de personnages qui voyagent et font voyager la musique- chauffeurs routiers, interprètes, allers-retours aussi entre tradition et évolution.

    A la frontière du documentaire et de la fiction Pere Portabella propose, à travers une série de tableaux plus ou moins provocateurs, clins d’œil en direction des aficionados de l'art conceptuel et des mélomanes, une réflexion sur l'importance de la musique dans notre paysage et notre vie. Jusqu'à des questions aussi graves que ce fameux « silence » avant Bach, ou plutôt n'y avait-il que du « bruit » avant lui ? La musique peut-elle guérir de tout, même de l'horreur – conversation à propos de l'utilisation des concerts dans les camps d'extermination, et peut elle alors faire souffrir ? La musique est-elle vraiment partout, prête à être cueillie comme il le sous-entend, pour peu que l'on veuille bien faire un effort ? La musique existe-t-elle si elle est privée d'interprètes ?

     

    Le silence ou Bach ?

     

    Lorsque François-René Duchâble quitte le devant de la scène en 2003 et abandonne sa carrière de concertiste il jette par deux fois un piano - ou plutôt une carcasse de piano, symbolique - dans les eaux des lacs d'Annecy et de La Colmiane. Cette image choc figure dans le film, comme l'un de ses questionnements.  Baptême purificateur, rupture avec un système élitiste... Le geste est fort. 

    Autre image forte, en exergue au film, celle du célèbre violoniste Joshua Bell jouant incognito sur son stradivarius pendant 40 minutes, six œuvres dont une partita de Bach, dans le métro de Washington en janvier 2007, à une heure de pointe. Sept personnes se sont arrêtées et il a gagné près de soixante dollars – une place à l'un de ses concerts en coûtait alors 100. 

    On le voit ce film pose de vraies questions auxquelles la réalité répond par le questionnement des artistes contemporains. Et s'il est vrai que la musique de Bach a failli disparaître si Mendelssohn ne l'avait redécouverte par hasard - la scène du marché dans le film - une question reste en suspens, car peut-on vraiment y répondre, c'est bien celle du silence face à la barbarie : quelle peut-être la place de l'art et de l'artiste dans une société qui a abjuré son humanité ?

     

    Le Silence avant Bach
    Un film de Pere Portabella avec Alex Brendemühl, Feodor Atkine, Christian Brembeck, Daniel Ligorio
    19 novembre 2008 (1h42min)
    Article repris depuis "Encrer le Monde"  - écrit à l'origine après avoir vu le film à sa sortie

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  • Le premier week-end d'avril dans toute la France sont organisées les journées européennes des Métiers d'Art. A Avignon, elles se déroulent à la Chambre des Métiers, dans l'ancienne chapelle Sainte Praxède,

    Métiers d'art 2014

    sur mon blog Avignon états et lieux ICI

    Parmi les œuvres exposées, et celles que l'on pouvait photographier sans trop de difficultés, j'ai beaucoup aimé :

    Métiers d'art 2014

    • le magnifique boutis réalisé par Nadine Rogeret dans le cadre de l'atelier de courtepointe de Pernes les Fontaines, aux symboles de la Provence. L'une des lauréates 2014 ( le boutis contemporain se porte bien  : voir l'article ICI) 

    Métiers d'art 2014

    • le précieux du gilet réalisé par Isolde K - le Jardin de Couture,
    •  

    Métiers d'art 2014

    • insectes, l'un des 21 posés sur la très belle grille réalisée par l'atelier Feraud ( je ne les ai pas tous trouvés...) et la cigale sur le boutis, 

     

    Métiers d'art 2014

    • métal encore, très belle tête de cheval du au sculpteur David Benoît, et vélociraptor, du à Nicolas Érès, les Arts de fer. 

    Et enfin, le très beau vitrail réalisé par Agnès Moreau :

    Métiers d'art 2014

    vue partielle.

    Hier après-midi, dernier jour de cette manifestation, j'ai assisté à sa démonstration de réalisation d'un vitrail à l"ancienne". Seule différence entre un "vitrailliste" et un "maitre verrier" : ce dernier fabriquait aussi le verre, ce que ne fait l'artisan contemporain. Il se procure le verre auprès d'une fabrique et le découpe selon les formes qu'il a choisies pour composer son modèle. Pour la démonstration Agnès Moreau  avait choisi une petite composition déclinée dans plusieurs couleurs,

    Métiers d'art 2014

    à gauche les exemples, à droite Agnès Moreau ajuste les morceaux de verre à l'aide du plomb sur une planche. Lorsque tous le seront, elle pratique une brasure (la différence avec le soudage est que dans la brasure les matériaux restent séparés et séparables, dans le soudage, ils sont amalgamés). En dernier lieu un mastic liquide sera appliqué pour l’étanchéité. A noter qu'au terme, plutôt disgracieux de "vitrailliste" Agnès Moreau préfère celui de Cueilleur de lumière". http://lescueilleursdelumiere.com/accueil.html

    Sur mon blog "Échappées de lumière" je publie une photo qui permet de voir le bonheur du jour recouvert de cuir par Jean Gallon - Avignon -ICI

    D'autres démonstrations ont été proposées durant le week-end, que j'ai ratées faute d'avoir su saisir l'information à temps... Pardon à celles et ceux que je n'ai pas cités dans cet article.

    http://journeesdesmetiersdart.fr/


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  • J'ai consacré un précédant article à l'internement de Camille Claudel à Mondevergues, ICI, et plus précisément aux commémorations du centenaire de son internement à Avignon, en 2013. J'ai omis de parler du film de Bruno Dumont consacré tout autant à Juliette Binoche qu'à Camille Claudel. Il a pris le parti de montrer l'artiste deux ans après son entrée dans l'asile alors qu'elle attend la visite de son frère.

    Je n'ai pas vu ce film en salle à sa sortie, il y a un an tout juste, mais je viens de le regarder sur CANAL, l'offre en clair étant proposée par le câble en ce moment pour inciter à l'abonnement (*).  Donc,  j'ai regardé ce film, tard, peut-être trop tard pour en apprécier l'austère esthétisme, esthétisme n'étant pas forcément un compliment pour moi.

    Non, j'ai été bien trop gênée par le fait que le réalisateur a situé l'action dans le monastère Saint Paul de Mausole, là même où fut interné Van Gogh. Tout alors sonne faux, hurle même que si Camille Claudel avait été là, dans ce cadre superbe entourée par cette nature - où elle se promène même - si elle avait été là plutôt qu'à Mondevergues, elle n'aurait peut-être pas vécu le même désespoir ???

    Camille Claudel à Mondevergues - 2

    Cela altère le propos même du film, à savoir la confrontation de l’héroïne au monde de l'aliénation, ses doutes  face aux certitudes de son frère. Je ne suis sans doute pas la seule que cela ait gêné.

    Pourquoi ne pas avoir choisi un lieu plus neutre qui n'aurait pas interféré sur le propos ? Bruno Dumont a-t-il voulu le parallèle avec Van Gogh ?

    (*) L'offre serait sans doute plus attrayante si les programmes n'étaient pas perturbés, hier soir après 22 heures la moitié des chaines avaient disparu, dont FR3, CANAL et bien d'autres.


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  •  L'artiste connue tout autant par ses sculptures que par sa liaison avec Auguste Rodin a fini sa vie à l'hôpital psychiatrique de Montfavet. 

    2013 a été une année d'hommage à l'artiste décédée en 1943 à Mondevergues, où elle était internée depuis 1914. A l'époque l'asile  était surpeuplé, le régime de Vichy organisait la pénurie provoquant le décès de nombreux malades, conformément sans doute à la politique nazie d'élimination systématique des malades mentaux.

    Abandonnée par sa famille jusque dans la mort, elle est inhumée dans une fosse commune, une stèle commémorative rappelle son séjour ici,

    Il y a 100 ans :  Camille Claudel

    Une exposition a été consacrée à son internement, à l'hôpital de Montfavet et elle était l'une des "Papesses" de la grande exposition organisée par la Collection Lambert en 2013, et dont j'ai déjà parlé à propos de Louise Bourgeois, ICI

    Il y a 100 ans :  Camille Claudel

    Le Psaume - "Les Papesses" - Palais des Papes

    Il y a 100 ans donc Camille Claudel était internée à Avignon à la demande de sa famille Seul son frère Paul lui rendit visite durant ces trente années passées à Mondevergues, ni sa mère ni sa sœur ne vinrent jamais la voir.

    Mais sa plus grande souffrance fut de ne pas pourvoir sculpter.

    Au même moment, en Suisse, Aloise Corba, commence à écrire et à peindre lors de son internement à Gime, elle deviendra l'une des figures emblématiques de" l'art brut, dénomination qui vaut ce qu'elle vaut, faute de mieux.

    Il y a 100 ans :  Camille Claudel à Mondevergues

    Les Papesses : entrée de la Collection Lambert : reproduction d'une photographie des Archives Municipales d'Avignon avec en premier plan "Remote control"  de Jana Sterbak

    Aujourd'hui, on le sait, les conditions d'internement et les soins prodigués aux malades ont beaucoup changé.  Pour en témoigner l'existence d'un atelier de création artistique dans l'actuel hôpital de Montfavet, l'atelier "Marie Laurencin", juste retour des choses d'avoir ainsi donné le nom d'une artiste féminine à cet atelier ouvert à tous les publics. Sous la responsabilité de l'équipe soignante et grâce à l'intervention d'artistes, tels le peintre Michel Trinquier, en 1998, ou la plasticienne Sabrina Gruss, chacun peut développer sa propre création. Les œuvres sont régulièrement exposées, dans le centre hospitalier lui-même ou dans d'autres lieux du Vaucluse.

    En 2011 déjà, la ville de Sorgues avait présenté une vingtaine d'œuvres de l'artiste sous le titre "Entre ombre et lumière". Les sculptures étaient présentées dans une salle tendue de tentures noires et plongée dans l'obscurité et semblaient donc en émerger. On pouvait tourner autour des œuvres présentées à hauteur des yeux, seul bémol une lumière unique et fixe qui les figeait.

    En 2013 à Avignon, les œuvres de Camille Claudel étaient présentées en relation de celles des autres artistes et j'ai choisi un rapprochement que la scénographie imposait :

     

    Il y a 100 ans :  Camille Claudel à Mondevergues

    l'un des bustes de Paul Claudel à l'arrière de "Corona" couronne en feuilles de laurier en argent de Jana Sterbak

    "Avec Les Papesses, pas moins de 25 oeuvres ont été réunies pour cet exceptionnel hommage dont La Valse (1889-1905), le Buste de Rodin (1888), celui de Paul Claudel enfant en jeune romain et adulte, Persée et la Gorgone (1899-1905), Les Causeuses (1897), Aurore (vers 1900), L’Implorante (1893-1905)…"   sur le site de l'exposition

    Les Papesses - Exposition du 9 juin au 11 novembre 2013 - Collection Lambert et Palais des Papes - qui réunissait  Louise Bourgeois - Camille Claudel - Berlinde de Bruyckère - Kiki Smith et Jana Sterbak.

    2013 c'est aussi un film "Camille Claudel 1915" - voir l'article ICI


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