• Dessin à l’huile et aquarelle sur papier collé sur carton, de 41,3cm sur 30,5 cm - 1922
    Museum of Modern Art, New York, États-Unis

    Ce tableau fait penser aux Shadoks, cette regrettée série qui hante toujours nos mémoires et fait référence dans le "gentil" petit monde de l'humour décalé.


    Les Shadoks, je pense, doivent beaucoup à Paul Klee, et ce qui suit le démontrera si besoin est.  Le titre étrange de l’œuvre : « Gazouillis » ou la « machine à gazouiller » quoi de plus naïf et enfantin que le gazouillis ? Et pourtant tout est toujours faussement naïf chez ce peintre. Que nous propose Klee, sinon inventer des machines qui servent à quelque chose: à fabriquer du rêve et du plaisir. ? Le regard est incisif derrière cette ingénuité feinte car, non ce n'est pas du rêve que nous fabriquons.L'analyse que j'ai trouvée rapproche deux œuvres contemporaines, et qui ont pour thème la machine, c'est bien tout ce qu'elles peuvent avoir en commun : celle-ci et « la  mariée mise à nu par ses célibataires » de Duchamp (qui n'a pas exposé que des urinoirs).

    « Comme c’était habituel chez Klee, le tableau a été fini, puis soigneusement nommé, numéroté et répertorié. Fait, pris en compte dans son unicité, soigné : bien langé et dorloté, pourrions nous penser.
    Son thème est poétique et enfantin : il est question d’oiseaux, de gazouillis. Le tableau est fait fondamentalement à l’aide de deux couleurs : bleu, rose, couleurs traditionnellement attribuées aux bébés garçons et filles, ce qui renforce la sensation de tendresse et innocence. Il dégage un lyrisme très typique de Klee dont le caractère fantastique et onirique contient une touche d'étrangeté et d’inquiétude. Il y a en effet quelque chose de troublant dans le mélange intime entre l’inanimé et le vivant. C’est probablement cette tension subtile agissant dans l’œuvre, ce conflit implicite, qui empêche le tableau de tomber dans la mièvrerie. Deux séries thématiques se confrontent : d’un côté, les oiseaux qui gazouillent suggèrent la tendresse, la douceur, la fragilité désarmante du vivant. D’autre côté, la machine avec ses traits nets et droits renvoie à un monde mécanique, métallique, inanimé voire déshumanisé. La même opposition apparaît au niveau chromatique : dans la partie supérieure, le ciel rose tendre à gauche évoque la chaleur du soleil alors que les tonalités plus foncées à droite suggèrent la nuit, l’orage peut-être. Les tâches sombres disséminées sur le tableau salissent le fond bleu, elles font d’ailleurs penser à une menace contaminant la tranquille innocence bleue des oiseaux qui gazouillent. Parallèlement, le rose sur la machine, tout en contribuant au niveau plastique à équilibrer le tableau, adoucit la dureté de la machine, tout comme le trait ondulé. »

    Extraits d'un colloque au Centre Paul Klee, Berne, 23 septembre 2005
    SSPsa, Sigmund-Freud-Zentrum Bern) communication de Adela ABELL, sur le thème : « Marcel Duchamp et Paul Klee :deux positions différentes face à la destructivité et l’effroi

     Article publié en 2008 dans "Encrer le Monde" repris intégralement ici, la comparaison avec les Shadocks a été reprise par d'autres blogs tant c'est une évidence.


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  • J'avais consacré un article à Paul Surtel sur "Encrer le Monde", à propos de l'exposition qui lui était consacrée à la Chapelle du Collège de Carpentras en 2009. Même s'il n'est pas dans l'actualité, pour l'instant, je transfère cet article ici en introduisant une comparaison entre des époques différentes.

    Paul Surtel - peintre et sculpteur

    Né en 1893 à Reuilly (Indre) où un musée expose certaines de ses œuvres, Paul Surtel rencontre sa future épouse à Oran, à l'occasion de l'une de ses premières expositions. Après avoir vécu dans le Quercy, puis à Orange, le couple se fixe à Carpentras où Paul finit ses jours en 1985. 

    Paul Surtel - peintre et sculpteur

    Les bords de l'Ozon à Carpentras - 1970

    Qualifié de "Corot provençal" Paul Surtel est aussi l'héritier de Cézanne, c'est plus net encore dans les natures mortes que dans les paysages, mais  contrairement à Cézanne, il  peignait rapidement, comme dans l'urgence, un ou plusieurs tableaux par jour.

    Ses paysages montrent son aptitude à saisir et restituer les ambiances variables selon les lieux mais aussi selon les saisons.  Les exemples choisis sur le site officiel de l'artiste le montrent.

    Ses portraits et natures mortes, auxquels il se consacre à cause de la rigueur des étés du Comtat qui le poussent à peindre en intérieur ; dépouillées de la lumière parfois écrasante des paysages méridionaux, donnent à voir un aspect plus expressionniste de la peinture de Paul Surtel.

    Paul Surtel - peintre et sculpteurPortrait de son fils Pierre

    Son fils Pierre Surtel est devenu plasticien, son site internet : http://www.pierresurtel.com/

    Le site de Paul Surtel : http://www.paulsurtel.fr/

    Le site du musée de Reuilly :http://www.angelfire.com/country/reuilly/36p10.html

     


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  • Le célèbre musée d'Amsterdam est resté fermé pour travaux pendant plus 9 ans, c'est long.  Je l'ai connu avant, gageons que cela en valait la peine; il parait que c'est aujourd'hui l'un des plus beaux musées du monde et restera ouvert tous les jours de l'année.  Pour annoncer la réouverture, en avril 2013, une vidéo a circulé, ici :

    http://www.youtube.com/watch?v=a6W2ZMpsxhg

    On a reconnu l'œuvre ainsi restituée en direct, celle qui est connue sous le titre de "la Ronde de nuit":

    Ouverture en fanfare pour le "nouveau Rijksmuseum"

    sans doute le tableau le plus connu des collections du musée, à part peut-être la "laitière" de Vermeer, mais pour d'autres raisons. "La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch" a été immortalisée par Rembrandt au XVIIème siècle. Ce n'est pas le seul tableau, dans le musée, qui représente une compagnie de milice. Il s'agissait d'un thème prisé à l'époque : se faire immortaliser par les plus grands peintres de son temps.  Et lorsqu'on visite le musée, on peut donc comparer avec d'autres œuvres moins majeures et voir à quel point la proposition de Rembrandt est originale, pas seulement par sa taille.

    Comme d'autre œuvres célébrissimes, ce tableau a subi des aléas, il a été réduit dès 1715 :

    Ouverture en fanfare pour le "nouveau Rijksmuseum"sur Wikipedia toujours

    et des tentatives de vandalisme, attaques au couteau et à l'acide. Très assombri par le vieillissement du vernis, il a été restauré en 1947. NB : on peut voir à la National Gallery de Londres une copie réalisée avant le découpage  par Gerrit Lundens.

    Le Rijksmuseum ici : https://www.rijksmuseum.nl/en


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  • Ce peintre de la lumière avait décidé de rester dans l'ombre. À la rumeur des salons et à la célébrité, il a préféré la campagne provençale qu'il a peint par prédilection. C'est dans doute pour cela qu'il est classé en tant que peintre provençal. (*)

    Marius Breuil - Peintre paysagiste - 1850 – 1932

    J'ai découvert son œuvre lors d'une exposition à Carpentras et j'ai particulièrement apprécié cette peinture d'une grande exigence qui fait de lui un artiste plus proche des grands paysagistes (Corot, Millet...) que des impressionnistes. S'il a peint un auto-portrait, l'homme est le plus souvent absent de sa peinture. La forme a tout autant d'importance que la couleur, les plans s'équilibrent pour donner une grande profondeur, une horizontalité brisée par la présence des arbres souvent tourmentés. 

    " Dans ses aquarelles comme dans ses huiles s'affirment sûreté de dessin et sens de la mise en page, vertus essentielles de son écriture qui, associées à une exquise sensibilité de coloriste, font de Marius BREUIL l'un des plus grands paysagistes provençaux ". Extrait de : " Dictionnaire des aquarellistes avignonnais du 20ème siècle ". (R. Mérindol, Editions Les Amis du Palais du Roure, 2002 ).

    Marius Breuil est né à Avignon en 1850 et s'adonne à la peinture dès 1856. Mais c'est surtout après sa démobilisation en 1871, qu'il développe son talent grâce aux conseils de Pierre Grivolas et de Paul Saïn avec qui il pratique la peinture en plein air.  

    Marius Breuil - Peintre paysagiste - 1850 – 1932

     L’œuvre de Marius Breuil est restée ignorée jusqu'à ce que Gérard Ferrua la découvre en 1999 et s'en porte acquéreur. Il a décidé de faire profiter le plus grand nombre de sa découverte et nous l'en remercions.

    Le site officiel consacré à Marius Breuil : http://www.marius-breuil.com/

    (*) NB : J'ai personnellement beaucoup de mal avec cette classification régionale du travail des peintres. Qu'est qui caractérise un travail "provençal" ? Le travail sur la lumière ? Comme si elle n'existait pas ailleurs. La couleur, certainement pas plus. Mais si vous cherchez à "peinture provençale" sur le Net, vous comprendrez mes réticences à classer Marius Breuil parmi les peintre provençaux.

     


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  • Élu en tant que membre associé étranger au fauteuil laissé vacant par le peintre américain Andrew Wyeth, Ousmane Sow est entré le 11 décembre dernier à l'Académie des Beaux-Arts, il est le premier artiste Africain à y être accepté.

    Le sculpteur Ousmane Sow entre à l'Académie des Beaux-ArtsSur le site de Jeune Afrique

    L'artiste a conçu le pommeau de son épée, représentant un Africain Nouba effectuant un saut, pour évoquer le "saut dans l'inconnu" qu'il effectua lorsqu'il a abandonné son métier de kinésithérapeute pour se consacrer à sa passion : la sculpture .

    Elle lui a été remise par : par Abdou Diouf, Secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie et ancien président du Sénégal. Son habit d'académicien a été créé par « Azzedine Alaïa qui a assisté à l'installation ainsi que la maire de Lille Martine Aubry, le Défenseur des Droits Dominique Baudis, l'acteur Michel Piccoli et la chanteuse France Gall, amie de l'artiste et du Sénégal ;  ainsi que M. Abdou Aziz Mbaye, ministre de la culture du Sénégal.» AFP

    « Comme mon confrère et compatriote sénégalais Léopold Sedar Senghor, élu à L’Académie Française il y a trente ans, je suis africaniste. Dans cet esprit, je dédie cette cérémonie à l’Afrique tout entière, à sa diaspora, et aussi au grand homme qui vient de nous quitter, Nelson Mandela. » Extrait de son discours d'entrée.

    Le sculpteur Ousmane Sow entre à l'Académie des Beaux-Arts

      Guerrier couché MAM de Troyes - photo de 2003

    J'ai eu l'occasion de croiser une nouvelle fois l'oeuvre d'Ousmane Sow lorsqu'elle a été présentée au Pont du Gard en 2005.

    Le sculpteur Ousmane Sow entre à l'Académie des Beaux-Arts

     

     

     

     

     

     

    Une oeuvre majeure qui parle de l'homme par son essence même, la terre. Difficile de rester indifférent à la puissance et à la sensibilité de ces sculptures qui assurent la filiation entre la tradition et l'universalité de l'art. Mais c'est vrai qu'il n'existe aucun mot assez fort ni assez juste pour en parler comme je viens de le lire ICI


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