• Gérard Garouste - l'Intranquille

    L'artiste signe un autoportrait littéraire en collaboration avec la journaliste Judith Perrignon et que l'on aime ou non l’œuvre de Gérard Garouste, son autobiographie se lit quasiment d'une seule traite, car elle est tout simplement passionnante et formidablement bien écrite.

    Gérard Garouste - l'Intranquille

    Personnellement je ne connaissais de Gérard Garouste, l'homme, que son engagement dans l'association LA SOURCE - voir le site ICI, et je connais peu son œuvre, très complexe et qui me dérange beaucoup. Après avoir lu son autobiographie, je pense comprendre pourquoi et surtout je la découvre autrement.

    Mais si j'ai décidé de publier un article sur ce livre, c'est qu'il donne aussi des clés pour appréhender l'art du XXe siècle, pas toujours facile pour les néophytes. Gérard Garouste est en effet un autodidacte, même s'il a suivi les cours de l’école des Beaux Arts :

    "Moi je sortais du néant. Ma famille rongeait les os d'obscurs tabous. L'école ne m'avait ouvert aucun chemin. Rien ne m'avait été transmis."

    « Nous sommes les héritiers de Rembrandt, Vélasquez, Cézanne, Matisse. Un peintre a toujours un père et une mère, il ne sort pas du néant », disait Picasso.

    Quant à Picasso, qui bientôt allait mourir(*), il avait dévoré l'héritage, il était de ces génies qui tuent le père et le fils. Il avait peint jusqu'au bout et magistralement cassé le jouet. Il avait cannibalisé, brisé la peinture, ses modèles, ses paysages, et construit une œuvre unique. Si je regarde La femme qui pleure, je sais que la tristesse n'est pas le sujet mais l'alibi. Le sujet, c'est l'artiste lui-même...

    Que faire après lui ? Et après Marcel Duchamp qui venait de mourir ? On était en 1968, et nul n'a voulu voir, alors, que la révolution de l'art était terminée, Duchamp en était le point final. »

    J'ai un peu bouleversé l'ordre du texte, en inversant la première et la seconde phrase.

    (*) on se situe dans les années 70. Quinze ans plus tard :

     "L'artiste le mieux vendu aujourd'hui s'appelle Jeff Koon, il a commencé trader à Wall Street, il a su digérer Duchamp et l'objet comme œuvre d'art, Warhol et l'immersion de l'art dans la société de consommation, son atelier a tout d'une entreprise et il n'a aucun complexe à dire qu'il s'intéresse plus au prix de ses œuvres qu'à ses œuvres elles-mêmes. Il est le gagnant d'une époque faible, soûlée de télévision, d'argent de de performances où le métier d'artiste est très prisé. "

    Mais bien sûr l'intérêt majeur de ce livre est de découvrir l'homme, qui accepte de parler de ces crises de délire, de ses tourments, et de sa passion pour la peinture et le dessin qui lui est venue très tôt, alors que rien dans son éducation ne l'y prédisposait. La peinture n'est pas une béquille ni un remède et si l’œuvre de Gérard Garouste est l'une des plus personnelle parmi les artistes contemporains, cet ouvrage permet de comprendre qu'elle est avant tout maitrisée et dominée, construite.

     

    Gérard Garouste et Judith Perrignon
     L'intranquille – Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou.

     

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