• L'un de mes  artistes préférés, pour son regard si particulier, de l'ombre à la lumière, la sensualité des noirs, etc...

    Odilon Redon a été contemporain de Manet, Degas, Mallarmé, Baudelaire, Bonnard, Van Gogh, Gauguin, Picasso... Il arrive alors que l'impressionnisme a déjà illuminé la peinture et pourtant il ne va pas opter pour la couleur et sa "facilité" mais pour le noir ; et il ira jusqu'au bout du noir qui a rarement atteint cette intensité, ce souffle et cette densité. A voir ses estampes, j'en suis venue à regretter qu'il ait préféré la lithographie à l'eau forte et surtout à la manière noire. Il dit lui-même de ses lithographies qu'elles sont "étranges et s'adressent à des esprits de silence".

     

    Odilon Redon

    La Cellule d'or (vers 1892-1893)

     

     

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  • Le château musée de Tournon propose une rétrospective de l’œuvre de Marcel Gimond, enfant du pays, à travers des sculptures, dessins et photographies qui déroulent la carrière de l'artiste depuis les œuvres de jeunesse.

     

    Marcel Gimond "l'Art du Portrait"

    Si l'influence de ses deux principaux maîtres, Aristide Maillol et Auguste Renoir est perceptible, au fil de ces visages, il est évident que Marcel Gimond a cherché tout au long de sa carrière à fixer ce qu'il y avait de profondeur d'âme dans ses modèles, avec une légèreté empreinte de gravité, qui s'échappe des sourires discrets et des regards qui ne nous fixent pas et pourtant nous interpellent.

    Pour lui : « Ne faire que des têtes », c'est essayer de fixer « ce qu'il y a d'éternel dans chaque visage. » Exergue de l'exposition ICI

     

     

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  • J'avais choisi (*) de parler de l'adaptation du roman de Mary Webb, Precious Bane, que Claude Santelli avait fait en 1968, pour évoquer la disparition de Pierre Vaneck le 31 janvier 2010.

     

    Sarn - adaptation de Claude Santelli

    Claude Santelli filme lui-même les reflets de l'eau, reflets dont ne se contentait pas Prue (excellente Dominique Labourier), elle qui tentait de voir derrière... Tous les acteurs de ce téléfilm étaient formidables, il suffit de se reporter à la distribution pour s'en convaincre, ICI

    Pierre Vaneck y était Kester, le tisserand, personnage atypique lui aussi dans cette Angleterre rurale du XIXe siècle.

     

    Une vidéo de l'INA, http://www.ina.fr/video/CPF86637741

     

    J'avais pu aussi le voir sur scène, au festival d'Avignon, notamment dans Hamlet, mais le souvenir plus personnel que je garde de ce grand acteur se mêle au décès de ma sœur. J'ai croisé Pierre Vaneck dans le hall de l'aéroport d'Avignon alors que je partais pour Londres, en sachant déjà qu'elle était perdue. J'ai failli lui demander quelque chose, un mot, une pensée pour elle, je n'ai pas osé. C'est cette image de lui que je garde, même si elle n'efface pas celle de l'acteur.

     

    (*)sur mon blog supprimé "Encrer le Monde"


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  • La spirale de la vie

     

    "Les variations progressives du rayon combinées avec le mouvement périphérique transforment le cercle en spirale. De l'accroissement du rayon résulte la spirale de vie. Le raccourcissement du rayon amenuise de plus en plus la révolution, et le beau spectacle rétrograde jusqu'au point où il s'anéantit. Le mouvement n'est plus infini, si bien que la question du sens reprend son importance. Celui-ci décide ou bien d'une évasion centrifuge vers une liberté croissante de mouvement, ou bien la soumission croissante à un centre qui finit par tout engloutir.
    C'est là une question de vie ou de mort, et la décision dépend de la petite flèche."

    Paul Klee - "Théorie de l'Art moderne"


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  • Sylvie Constantin aux Rencontres des Métiers d'Art de Pernes

    Enluminures d'une grande finesse présentées dans un stand partagé avec Sandra Poli qui revisite le panthéon indien dans ses miniatures. Le salon des Métiers d'Art de Pernes les Fontaines a lieu tous les ans à la même époque et c'est toujours l'occasion de rencontrer des artisans qui savent faire vivre une tradition de la belle ouvrage et la revisiter aussi.

    Sylvie Constantin enluminures : http://www.enluminure.fr/

     


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  • les phtotographies de René Maltête

    Parmi toutes ses photographies j'ai choisi celle-ci, en cette année centenaire de la "Grande Guerre", pour le symbole de la colombe sur la couronne de lauriers du vainqueur.

    René Maltête, c'est ce regard qui capte le détail, une grande poésie aussi alliée à un humour léger. Pour découvrir son œuvre : http://rene.maltete.com/

     


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  • Présence de Van Gogh à Saint Rémy

    Oliviers près de l'institution Saint Paul de Mausole

    Les paysages immortalisés par le peintre s'offrent toujours à nos yeux, et les panneaux aux couleurs de ses toiles nous les rappellent.

    Présence de Van Gogh à Saint Rémy

    Si le peintre a plus été inspiré par les champs d'oliviers, les jardins de l'institution de Saint Paul, les paysages ici gardent presque son empreinte et on comprend mieux qu'ils aient pu apporter un nouveau souffle à la peinture de Vincent Van Gogh . 

    Présence de Van Gogh à Saint Rémy

    Le grand cabestan, conservé et restauré, rappelle que le site a été aussi une carrière de pierres.

    http://www.randomania.fr/le-rocher-des-deux-trous-le-prieure-de-saint-paul-de-mausole/



     


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  • L'artiste signe un autoportrait littéraire en collaboration avec la journaliste Judith Perrignon et que l'on aime ou non l’œuvre de Gérard Garouste, son autobiographie se lit quasiment d'une seule traite, car elle est tout simplement passionnante et formidablement bien écrite.

    Gérard Garouste - l'Intranquille

    Personnellement je ne connaissais de Gérard Garouste, l'homme, que son engagement dans l'association LA SOURCE - voir le site ICI, et je connais peu son œuvre, très complexe et qui me dérange beaucoup. Après avoir lu son autobiographie, je pense comprendre pourquoi et surtout je la découvre autrement.

    Mais si j'ai décidé de publier un article sur ce livre, c'est qu'il donne aussi des clés pour appréhender l'art du XXe siècle, pas toujours facile pour les néophytes. Gérard Garouste est en effet un autodidacte, même s'il a suivi les cours de l’école des Beaux Arts :

    "Moi je sortais du néant. Ma famille rongeait les os d'obscurs tabous. L'école ne m'avait ouvert aucun chemin. Rien ne m'avait été transmis."

    « Nous sommes les héritiers de Rembrandt, Vélasquez, Cézanne, Matisse. Un peintre a toujours un père et une mère, il ne sort pas du néant », disait Picasso.

    Quant à Picasso, qui bientôt allait mourir(*), il avait dévoré l'héritage, il était de ces génies qui tuent le père et le fils. Il avait peint jusqu'au bout et magistralement cassé le jouet. Il avait cannibalisé, brisé la peinture, ses modèles, ses paysages, et construit une œuvre unique. Si je regarde La femme qui pleure, je sais que la tristesse n'est pas le sujet mais l'alibi. Le sujet, c'est l'artiste lui-même...

    Que faire après lui ? Et après Marcel Duchamp qui venait de mourir ? On était en 1968, et nul n'a voulu voir, alors, que la révolution de l'art était terminée, Duchamp en était le point final. »

    J'ai un peu bouleversé l'ordre du texte, en inversant la première et la seconde phrase.

    (*) on se situe dans les années 70. Quinze ans plus tard :

     "L'artiste le mieux vendu aujourd'hui s'appelle Jeff Koon, il a commencé trader à Wall Street, il a su digérer Duchamp et l'objet comme œuvre d'art, Warhol et l'immersion de l'art dans la société de consommation, son atelier a tout d'une entreprise et il n'a aucun complexe à dire qu'il s'intéresse plus au prix de ses œuvres qu'à ses œuvres elles-mêmes. Il est le gagnant d'une époque faible, soûlée de télévision, d'argent de de performances où le métier d'artiste est très prisé. "

    Mais bien sûr l'intérêt majeur de ce livre est de découvrir l'homme, qui accepte de parler de ces crises de délire, de ses tourments, et de sa passion pour la peinture et le dessin qui lui est venue très tôt, alors que rien dans son éducation ne l'y prédisposait. La peinture n'est pas une béquille ni un remède et si l’œuvre de Gérard Garouste est l'une des plus personnelle parmi les artistes contemporains, cet ouvrage permet de comprendre qu'elle est avant tout maitrisée et dominée, construite.

     

    Gérard Garouste et Judith Perrignon
     L'intranquille – Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou.

     


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