• Variations d'une nature morte

    Les kakis

    en premier l'aquarelle,

    Les kakis

    en second l'acrylique.

    A noter que si j'aime les peindre, par contre je ne les mange pas. A noter encore que si le pot et la bouteille sont les mêmes, les Kakis, eux, sont différents.


    7 commentaires
  • "Le chat et l'oiseau " Paul Klee - Jacques Prévert

    Paul Klee -1928 -  huile sur toile - 15x21 MoMA New York - Wikipedia

    Le chat de Paul Klee a l'oiseau dans la tête. Il rêve de l'oiseau et a les yeux dans le vague. Alors, les chats rêvent-ils d'oiseaux ? Rêvent-ils de les dévorer au point d'en être obsédés ?

    Jacques Prévert donne sa réponse dans un poème :


    Un village écoute désolé
    Le chant d'un oiseau blessé
    C'est le seul oiseau du village
    Et c'est le seul chat du village
    Qui l'a à moitié dévoré
    Et l'oiseau cesse de chanter
    Le chat cesse de ronronner
    Et de se lécher le museau
    Et le village fait à l'oiseau
    De merveilleuses funérailles
    Et le chat qui est invité
    Marche derrière le petit cercueil de paille
    Où l'oiseau mort est allongé
    Porté par une petite fille
    Qui n'arrête pas de pleurer
    «Si j'avais su que cela te fasse tant de peine,
    Lui dit le chat,
    Je l'aurais mangé tout entier
    Et puis j'aurais raconté
    Que je l'avais vu s'envoler
    S'envoler jusqu'au bout du monde
    Là-bas où c'est tellement loin
    Que jamais on n'en revient
    Tu aurais eu moins de chagrin
    Simplement de la tristesse et des regrets.»

    Il ne faut jamais faire les choses à moitié.

    Le chat a cessé de rêver...


    4 commentaires
  • "Moi Eugénie Grandet" - Louise Bourgeois

    J'ai découvert ce petit opus grâce à la Médiathèque d'Avignon, comme beaucoup d'autres. Il est en fait le catalogue d'une exposition consacrée à Louise Bourgeois à  la Maison de Balzac du 3 novembre 2010 au 6 février 2011, projet maintenu malgré le décès de l'artiste en juin 2010. Le livre rend bien compte de la série des compositions se présentant comme des pages d'un herbier et allient la broderie et d'autres techniques.

    Louise Bourgeois se retrouvait dans le personnage d'Eugénie Grandet. Comme l'héroïne de Balzac, Louise Bourgeois, était très liée à sa mère (la série des "maman", araignées géantes), comme elle aussi elle a pratiqué la broderie dans sa jeunesse.

     

    "Moi Eugénie Grandet" - Louise Bourgeois

    Araignée en tapisserie, présente dans l'exposition des Papesses

    L'araignée pour Louise Bourgeois était la tisseuse qui protège ses enfants.  Comme Eugénie Grandet donc, elle a pratiqué la broderie et elle l'a incluse dans les nombreuses techniques qu'elle a pu utiliser tout au cours de sa vie, et dans son œuvre. Il s'agissait ici d'un ultime retour à cette pratique. Comme elle aussi, elle vient d'un milieu bourgeois et le père Grandet en est le représentant, l'archétype du laid. Eugénie Grandet, au contraire de Louise Bourgeois ne s'est jamais affirmée, elle s'est sacrifiée et n'a connu qu'effacement,  frustration et solitude. Des thèmes récurrents dans l'œuvre de Louise Bourgeois.

    L'exposition des Papesses organisée par la Fondation Lambert à Avignon en 2013 a permis de confronter son œuvre à celle de quatre autres femmes sculpteur.  Et il est évident que de toutes, Louise Bourgeois était l'artiste qui a le mieux cerné la condition de la femme, dans toute son acceptation, depuis la naissance, la filiation jusqu'à l'enfantement en passant par la sexualité, la parure, etc... 

    "Moi Eugénie Grandet" - Louise Bourgeois

    détails entrevus de l'une des cellules où le fil, toujours, rejoint la sculpture


    L'une des forces de Louise Bourgeois, et  cette exposition en rendait bien compte, c'est d'avoir parlé de la femme, et souvent de manière crue à la limite du supportable - témoin cette sculpture d'une femme enceinte suspendue par son ventre présentée à la Fondation Datris de L'Isle sur la Sorgue à la même période - pas seulement en se réappropriant les techniques traditionnelles des femmes. Elle a su utiliser les matériaux "masculins" de la statuaire et notamment le bronze :

    "Moi Eugénie Grandet" - les "Papesses "Louise Bourgeois

     Mains d'accueil dans les jardins du Palais des Papes.

    Je ne veux pas ici établir de comparaison avec les autres artistes exposées à Avignon en 2013, et notamment Camille Claudel. Non mon propos est centré sur Louise Bourgeois que je découvre chaque fois un peu plus à chaque exposition. Elle est toujours là où on ne l'attend pas et a su extraire de son parcours intime une "œuvre" universelle.

    "Moi Eugénie Grandet " Collection Le cabinet des Lettrés - Gallimard - Préface "Les mystère d'une identification essai de Jean Frémon - 2010 - L'occasion de relire Balzac...

    Les Papesses - Exposition du 9 juin au 11 novembre 2013 - Collection Lambert et Palais des Papes - qui réunissait  Louise Bourgeois - Camille Claudel - Berlinde de Bruyckère - Kiki Smith et Jana Sterbak.


    2 commentaires
  • Avec la gothique textura quadrata

    Bas de page avec une "drôlerie" reprise d'un psautier d'Ormesby - Angleterre - fin XIIIe début XIVe, extraite de l'ouvrage "Chats du Moyen-Age" - même si j'ai choisi une scène où c'est un chien qui accompagne le couple.

    Le texte est de Khalil Gibran et la phrase en partie représentée est : "De même que les cordes d'un luth sont seules cependant qu'elles vibrent de la même harmonie".

    Alphabet de base :

    Avec la gothique textura quadrata

    il s'agit ici de la "gamme" que l'on fait avant de commencer à écrire le texte définitif,  il ne peut pas s'agir d'un modèle.

    PS : je ne présente pas l'ensemble de la page car je ne suis pas du tout satisfaite du résultat.


    2 commentaires
  • Afficher son anorexie, la revendiquer, est aujourd'hui un signe extérieur de richesse comme afficher sa cellulite a pu l'être à l'époque où Rubens peignait cette Vénus séduisant Adonis.

    L'anorexie comme signe extérieur de richesse

    Nous vivons aujourd’hui, dans les pays nantis, sous le diktat d'une "esthétique formatée dans la minceur." L'obésité, avant même d'être considérée comme une maladie, est vue comme un signe extérieur de pauvreté.

    Revendiquer ses rondeurs serait-il devenu, comme le prétend l'artiste russe Olga Tobreluts « un synonyme de liberté » ? (*)

    Alors laissons les « people » extérioriser leur anorexie et leur maigreur et posons nous la question de notre propre identité.

    (*) Citations in « Art Actuel » Le magazine des Arts Contemporains; n°54 - Image in Wikipedia.

    Cet article faisait partie d'une série consacrée au fléau que constitue l'anorexie - je rappelle qu'elle tue et fait des dégats irréversibles - que j'avais écrits dans "Encrer le Monde" et que j'ai supprimés aujourd'hui. En effet, loin de poser des questions, cela ne fait que contribuer à ce qui est malheureusement un vrai phénomène de mode et un problème de société.


    5 commentaires
  • Le peintre Ibrahim Shahda, français d'origine égyptienne, après des études à l'école d'art du Caire, s'établit dans le sud de la France, notamment à Carpentras. Il expose pour la première fois en 1958 à la galerie Arlette Chabaud à Avignon. La même année il remporte le prix de peinture du festival d'Avignon avec "La femme en noir" toujours conservé au Musée Calvet, ainsi que le prix de peinture de la ville d'Aix-en-Provence.

    Ibrahim Shahda 1929 - 1991

    Photographie personnelle, qui n'a pas été prise dans les meilleures conditions

    Il expose ensuite dans le monde entier, et notamment à la galerie Ducastel à Avignon. En 1975 de graves ennuis de santé bouleversent sa vie et sa peinture. Désormais il va peindre en état d'urgence et ses grands portraits en porteront la marque. On pense à Bacon, bien sûr, qui a eu une plus grande notoriété, mais si les visages de Shahda portent la tourmente, elle se fait moins violente, moins dérangeante  que dans les œuvres du peintre britannique.

    En 1999, la MAC'A, Maison des Arts Contemporains d'Avignon, association qui s'est fixé comme objectif de faire connaître et de favoriser la diffusion de l'art contemporain, a consacré son exposition annuelle à l'Espace Saint Louis, à ce peintre, vauclusien d'adoption. 

    Ibrahim Shahda 1929 - 1991

    Avec ces mots en présentation :"Shahda a passionnément aimé ce monde : l'être humain; les objets, les fleurs, certains paysages. C'est leur mystère qu'il essaie de pénétrer, de traduire, dans une approche obstinée, répétée : "cet au-delà des choses de la peinture".  

    C'est lors de cette exposition que j'ai pu découvrir ce peintre et je garderai à jamais dans les yeux l'image de ces grands portraits immobiles et pourtant si vivants qui nous criaient leur être profond à travers la puissance de la peinture de Shahda. Un artiste qui n'a pas la place qu'il mérite.

    A preuve le peu de chose que l'on trouve sur lui sur la Toile, néanmoins une page lui est consacrée ici     http://www.enkiri.com/shahda/shahda_f.html

    et ici la toile "La femme en noir" intégralement : http://www.enkiri.com/shahda/portrait/p_femme_mus_calvet1_f.html


    votre commentaire
  • "Le chat" Guillaume Appolinaire

    Le Chat

    Je souhaite dans ma maison :
    Une femme ayant sa raison,
    Un chat passant parmi les livres,
    Des amis en toute saison
    Sans lesquels je ne peux pas vivre.

     

    Le Chat - Guillaume Apollinaire
    Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée
    Bois gravé de Raoul Dufy
    Paris Deplanche 1911
    Reliure de Pierre Legrain
    Un ouvrage présenté dans l'exposition
    "Trésors d'un collectionneur"
    La bibliothèque littéraire de Jacques Doucet
    De Baudelaire aux Surréalistes
    Musée Angladon - Avignon - 2011

    4 commentaires
  • Dessin à l’huile et aquarelle sur papier collé sur carton, de 41,3cm sur 30,5 cm - 1922
    Museum of Modern Art, New York, États-Unis

    Ce tableau fait penser aux Shadoks, cette regrettée série qui hante toujours nos mémoires et fait référence dans le "gentil" petit monde de l'humour décalé.


    Les Shadoks, je pense, doivent beaucoup à Paul Klee, et ce qui suit le démontrera si besoin est.  Le titre étrange de l’œuvre : « Gazouillis » ou la « machine à gazouiller » quoi de plus naïf et enfantin que le gazouillis ? Et pourtant tout est toujours faussement naïf chez ce peintre. Que nous propose Klee, sinon inventer des machines qui servent à quelque chose: à fabriquer du rêve et du plaisir. ? Le regard est incisif derrière cette ingénuité feinte car, non ce n'est pas du rêve que nous fabriquons.L'analyse que j'ai trouvée rapproche deux œuvres contemporaines, et qui ont pour thème la machine, c'est bien tout ce qu'elles peuvent avoir en commun : celle-ci et « la  mariée mise à nu par ses célibataires » de Duchamp (qui n'a pas exposé que des urinoirs).

    « Comme c’était habituel chez Klee, le tableau a été fini, puis soigneusement nommé, numéroté et répertorié. Fait, pris en compte dans son unicité, soigné : bien langé et dorloté, pourrions nous penser.
    Son thème est poétique et enfantin : il est question d’oiseaux, de gazouillis. Le tableau est fait fondamentalement à l’aide de deux couleurs : bleu, rose, couleurs traditionnellement attribuées aux bébés garçons et filles, ce qui renforce la sensation de tendresse et innocence. Il dégage un lyrisme très typique de Klee dont le caractère fantastique et onirique contient une touche d'étrangeté et d’inquiétude. Il y a en effet quelque chose de troublant dans le mélange intime entre l’inanimé et le vivant. C’est probablement cette tension subtile agissant dans l’œuvre, ce conflit implicite, qui empêche le tableau de tomber dans la mièvrerie. Deux séries thématiques se confrontent : d’un côté, les oiseaux qui gazouillent suggèrent la tendresse, la douceur, la fragilité désarmante du vivant. D’autre côté, la machine avec ses traits nets et droits renvoie à un monde mécanique, métallique, inanimé voire déshumanisé. La même opposition apparaît au niveau chromatique : dans la partie supérieure, le ciel rose tendre à gauche évoque la chaleur du soleil alors que les tonalités plus foncées à droite suggèrent la nuit, l’orage peut-être. Les tâches sombres disséminées sur le tableau salissent le fond bleu, elles font d’ailleurs penser à une menace contaminant la tranquille innocence bleue des oiseaux qui gazouillent. Parallèlement, le rose sur la machine, tout en contribuant au niveau plastique à équilibrer le tableau, adoucit la dureté de la machine, tout comme le trait ondulé. »

    Extraits d'un colloque au Centre Paul Klee, Berne, 23 septembre 2005
    SSPsa, Sigmund-Freud-Zentrum Bern) communication de Adela ABELL, sur le thème : « Marcel Duchamp et Paul Klee :deux positions différentes face à la destructivité et l’effroi

     Article publié en 2008 dans "Encrer le Monde" repris intégralement ici, la comparaison avec les Shadocks a été reprise par d'autres blogs tant c'est une évidence.


    6 commentaires