• Les troubadours et la légende arthurienne

    La légende arthurienne venue du Pays de Galles et connue depuis l' Historia Regum Britanniae que Geoffroy de Monmouth écrit en 1133, a été diffusée dans tout le monde médiéval, y compris le "midi" de la France actuelle.

    Les troubadours et la légende arthurienne

    Arthur et Guenièvre Wikipedia

    Mon but ici n'est pas d'évoquer la légende arthurienne, dont le succès ne s'est pas démenti depuis, et connaît de nos jours un regain d'intérêt, mais de souligner que ce ne sont pas les seuls poètes en langue d’Oïl qui ont évoqué le cycle arthurien.

     

    La riche "matière de Bretagne" était connue partout et notamment en Occitanie (bien que cette notion ne reflète pas la réalité du XIIe siècle), les allusions sont nombreuses dit Henri-Irénée Marrou dans son ouvrage sur les Troubadours. Il cite notamment Cercamon et particulièrement Rigaud de Barbezieux.

     

    Les troubadours et la légende arthurienne

    BnF_ms._12473_fol._119_-_Cercamon Wikipedia

    Un vers de Cercamon, antérieur à 1150, évoque l'épopée d'Arthur.

    Il a été l'un des premiers troubadours, de la cour de Poitiers, il reprend les thèmes développés par Guillaume IX d'Aquitaine et Marcabru.

     

    Les troubadours et la légende arthurienne

    Wikipedia

    Bien avant Chrétien de Troyes(*), Rigaud de Barbézieux compose  "Atressi com Persavaus"

    Atressi com Persavaus

    Et temps que vivia,

    Que s'esbaï d'esgardar

    Tant que no saup demandar

    De que servia

    La lansa ni l Grazaus...

     

    Tout ainsi que Perceval

    au temps où il vivait,

    qui s'ébahit tant à contempler

    qu'il ne suit (ou : n'osa) demander

    à quoi servait

    la lance et le Graal. »

     

    Rigaud (ou Rigaut) de Barbézieux, contrairement à sa réputation n'est pas un troubadour tardif, bien qu'il ait vécu et soit connu au XIIIe siècle, son activité littéraire s'exerça en Aquitaine entre 1140 et 1163. Il était contemporain de Cercamon, Marcabru, etc...

    Ces exemples, trouvés dans l'ouvrage très intéressant d'Henri-Irénée Marrou, pour prouver une fois encore s'il est nécessaire, l'existence d'une "renaissance" intellectuelle, littéraire, artistique, économique... au XIIe siècle. Les idées, comme les personnes, circulent.

     

    ***************************************

     

     (*) Cela n'enlève rien au prestige de Chrétien de Troyes, c'est bien grâce à lui et à son œuvre majeure que la légende arthurienne nous est parvenue. En 1176, il compose "Lancelot ou le chevalier de la charrette",  achevé par Godefrois de Lagny. Puis "Yvain ou le Chevalier au lion" et "Perceval ou le Conte du Graal", qui restera inachevé.

     

    Henri-Irénée Marrou " Les Troubadours - Ed du Seuil  - Collection "Histoire" + 1971

    Pour les compléments d'information voir les liens dans Wikipedia, notamment les illustrations.

    Rigaut de Barbézieux - en français : Encyclopaedia Universalis

     

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 4 Février à 14:08

    Les écrivains de cette époque ont puisé dans des écrits celtiques plus anciens, la tradition et les légendes bretonnes.
    Cette Bretagne, appelée Royaume de Logres, recouvre un vaste ensemble de terres : Pays de Galles, Écosse, Cornouailles, Armorique. 
    Ces histoires nées en Angleterre parviennent jusqu'à Geoffroy, Chrétien  et les autres auteurs de récits Arthuriens grâce aux personnes qui ont passé la Manche et grâce aux ménestrels qui vont de ville en ville. Evidemment les ménestrels voyagent beaucoup et transmettent jusqu'au Sud les histoires qu'ils ont entendues et qui sont reprises en langue d'Oc.

    Merci Françoise, bonne fin de dimanche, bises.

    2
    Lundi 5 Février à 18:58

    Ce que j'ai lu dans le livre dont je parle, c'est que les récits sont arrivés en même temps et que les troubadours cités ont rédigé leurs poèmes avant ceux en langue d'oil. Langue d'oc et langue d'oil reprennent les mêmes récits, puisés dans la tradition celtique. En fait on oublie à la fois les troubadours, rien d'étonnant, mais aussi cette renaissance du XIIe siècle, appelée ainsi par rapprochement avec La Renaissance du XVIe, embellie qui dure un peu plus d'un siècle.

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